Christine de Pisan

Christine de Pisan

mercredi 29 novembre 2017

Résidence Alternée : point de vue du REPPEA

https://reppea.wordpress.com/lettre-ouverte-aux-deputes-du-collectif-scientifique-sur-les-dangers-de-la-residence-alternee-chez-les-jeunes-enfants/
LETTRE OUVERTE AUX DÉPUTÉS DU COLLECTIF SCIENTIFIQUE SUR LES DANGERS DE LA RÉSIDENCE ALTERNÉE CHEZ LES JEUNES ENFANTS
le 19-11-2017

mardi 28 novembre 2017

Communiqué de Presse du CERF : contre la proposition de loi sur la garde alternée.




Cercle d’Etude de Réformes Féministes

Communiqué de presse

Au nom des droits des enfants et des femmes, le Cercle d’Etude de Réformes Féministes s’indigne d’une proposition de loi visant à imposer la garde alternée aux mères qui la refusent.
Déposée le 17 octobre 2017 par une quarantaine de députés, elle vise explicitement, selon son exposé de motif, à inciter les juges à imposer la garde alternée dans des cas où celle-ci s’avère, en pratique, néfaste et même dangereuse pour les mères et les enfants, c’est-à-dire lorsque la mère s’y est opposée.
La garde alternée est dangereuse pour les très jeunes enfants, même lorsque les parents sont d’accord sur son principe. Elle ne peut se passer bien, même pour les plus grands, que dans les situations où les parents s’entendent sur son principe et ses modalités.
Cette proposition, qui ose rappeler comme un argument l’appui de sa demande, que la garde alternée se pratique depuis l’âge de « zéro » an, ne tient manifestement aucun compte des besoins élémentaires de stabilité et de tranquillité des enfants.
Son exposé des motifs en dit à lui seul si long sur l’état d’esprit des hommes exigeant un tel mode de vie, qu’il devrait suffire à dissuader les juges de leur confier des « droits » sur leurs ex-épouse et enfants.
Le C.E.R.F.
23 octobre 2017










N° 307 - Proposition de loi de M. Philippe Latombe relative au principe de garde alternée des enf...

N° 307 - Proposition de loi de M. Philippe Latombe relative au principe de garde alternée des enfants


http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion0307-1.gif
N° 307
_____
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
QUINZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 17 octobre 2017.
PROPOSITION DE LOI
(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale
de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)
présentée par Mesdames et Messieurs
Philippe LATOMBE, Erwan BALANANT, Géraldine BANNIER, Jean-Noël BARROT, Justine BENIN, Philippe BERTA, Philippe BOLO, Jean-Louis BOURLANGES, Vincent BRU, Jean-Pierre CUBERTAFON, Marielle de SARNEZ, Michèle de VAUCOULEURS, Marguerite DEPREZ-AUDEBERT, Bruno DUVERGÉ, Sarah EL HAÏRY, Nathalie ELIMAS, Michel FANGET, Marc FESNEAU, Isabelle FLORENNES, Laurent GARCIA, Brahim HAMMOUCHE, Cyrille ISAAC-SIBILLE, Élodie JACQUIER-LAFORGE, Bruno JONCOUR, Jean-Luc LAGLEIZE, Fabien LAINÉ, Mohamed LAQHILA, Florence LASSERRE-DAVID, Aude LUQUET, Jean-Paul MATTEI, Sophie METTE, Philippe MICHEL-KLEISBAUER, Patrick MIGNOLA, Bruno MILLIENNE, Jimmy PAHUN, Maud PETIT, Frédéric PETIT, Josy POUEYTO, Richard RAMOS, Thierry ROBERT, Nicolas TURQUOIS, Sylvain WASERMAN,
députés.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
Dans le cadre de l’intervention du juge aux affaires familiales dans l’exercice de l’autorité parentale, de nombreux différends surviennent du fait de l’inadaptation du droit de la famille aux nouvelles configurations familiales.
En effet, face à la forte augmentation de divorces, de nombreux enfants (1,5 million selon l’INSEE) sont confrontés à la question du lieu de leur résidence, qui - en l’état actuel du droit - consiste à se résigner à devoir choisir en faveur de l’un des parents, et par conséquent au détriment de l’autre, principalement le père.
En effet, il ressort des statistiques du ministère de la justice que la résidence alternée est toujours accordée aux pères si la mère y consent, y compris pour tous les enfants entre 0 et 5 ans, mais est refusée dans plus de 75 % des cas si la mère s’y oppose, la situation inverse se produisant 7 fois moins souvent.
Dès lors, cette proposition de loi a pour objectif de moderniser l’encadrement de cette intervention, en instaurant le principe général de résidence des enfants chez chacun de leurs parents, afin de traduire leur égalité, cela toujours dans le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Forts de l’inscription claire dans le code civil de ce principe d’équilibre des domiciles parentaux, les juges pourront, au besoin en s’appuyant sur des médiations familiales se déroulant alors dans un contexte d’équité judiciaire, fixer des modalités distinctes à celle d’une stricte égalité de temps, dans le respect de l’intérêt de l’enfant et au besoin, d’apporter des dispositions transitoires ou temporaires en lien avec l’âge de l’enfant.
Il s’agit de moderniser notre droit sur la résidence des enfants en cas de divorce et de séparation, à l’aune de ce que fut l’évolution du droit sur l’autorité parentale il y a quelques années. De nombreux pays européens ont déjà intégré ce principe dans leur droit (Belgique par exemple).
De surcroît, il est concevable que dans la continuité de cette modernisation du droit de la famille, les procédures se raccourcissent et se raréfient, ce qui allègera d’autant les tribunaux actuellement en surcharge.
PROPOSITION DE LOI
L’article 373-2-9 du code civil est ainsi rédigé :
« La résidence de l’enfant est fixée au domicile de chacun des parents, selon les modalités déterminées par convention d’un commun accord entre les parents ou, à défaut, par le juge.
« Si la résidence de l’enfant ne peut être fixée, pour une raison sérieuse, au domicile de chacun de ses parents du fait de l’un deux, elle est fixée au domicile de l’autre.
« Dans ce cas, le juge aux affaires familiales statue sur les modalités du droit de visite. Ce droit de visite, lorsque l’intérêt de l’enfant le commande, peut être exercé dans un espace de rencontre qu’il désigne, ou avec l’assistance d’un tiers de confiance ou du représentant d’une personne morale qualifiée. »


© Assemblée nationale 

Lina Murr Nehme : L'islamisme et les Femmes

https://youtu.be/DhC5DptJtzE




mercredi 14 juin 2017

Odile Buisson : interview à propos de son livre : " Sale temps pour les femmes "











" La révolte d une gynécologue obstétricienne
La mode écolo, le retour du religieux
et l ultralibéralisme contre la santé des femmes "















C.E.R.F. :

A la lecture de votre livre, on a l’impression que la question des soins médicaux pour
les femmes - et les nourrissons – va ou devenir un des principaux thèmes de
mobilisation  des féministes dans les années prochaines … : cette impression est-elle juste ?

Dr Odile Buisson :

 Je n’en suis pas certaine car l’Etat procède très insidieusement. Par exemple, l’accouchement avec douleur ou le retour précoce à domicile sont présentés comme plus humain et plus écologique. L’impossibilité d’un accès rapide à une consultation gynécologie médicale est expliquée en raison des « déserts médicaux ». Désert médical, oui mais créé par qui ? Par les décideurs !

C.E.R.F. :

 Vous terminez votre livre par une illustration frappante du degré de régression
possible en matière de droits des femmes, et du degré d’intériorisation par des femmes elles- mêmes de normes de comportements aliénantes : quel est le point sur lequel la régression  vous parait la plus présente ou menaçante aujourd’hui ?

Dr Odile Buisson :

Ce qui me surprend le plus c’est cette séquence « accouchement traditionnel- allaitement maternel- retour précoce à domicile- lavage de couches ». On ne peut pas mieux indiquer aux femmes le chemin du retour à la maison !  Ce n’est évidemment pas présenté comme cela alors on met en avant l’écologie, le bien-être, le chemin initiatique etc. C’est extrêmement insidieux et le danger est  de ne pas voir ce que cela implique à savoir une reprise de dressage des femmes

C.E.R.F. :

Vous parlez de retour du religieux, d’un besoin religieux, et vous lui opposez … la
santé  du bébé dont les neurones ont été bien oxygénés … Avez-vous une idée de la façon de  répondre à des courants d’idées qui font oublier les nécessités vitales à ce point ?

Dr Odile Buisson :

La création de pôles physiologiques dans les maternités est une solution appropriée. Ceci permet aux femmes d’accoucher comme elles le désirent et avec qui elles veulent, sages-femmes ou médecins. Les mamans peuvent changer d’avis si les douleurs sont trop insupportables et obtenir immédiatement un soulagement médical. De plus comme les maternités publiques sont laïques, il n’y a pas de risque de dérive religieuse ou sectaire.

C.E.R.F. :

 Votre livre montre les aberrations, les dangers auxquels ils aboutissent, il a
quasiment  le même titre que le manifeste chinois de la fin de la révolution culturelle « Chinois si  nous saviez…. » : faut il expliquer les problèmes « techniques » de rejet de la
médecine  ou bien faut il une « révolution » nouvelle de nos idées ?

Dr Odile Buisson :

La médecine est rejetée parce qu’elle ne peut toujours pas éradiquer la maladie ou la mort. Il y a encore de l’incertitude et du doute. Les charlatans, eux savent faire rêver en donnant des certitudes, fausses évidemment. Et puis la médecine soigne trop souvent la maladie plutôt que le malade. Les progrès de l’imagerie médicale ont éloigné le médecin du patient, les machines et les protocoles sont venus progressivement s’interposés entre eux. Nous devons revenir à une médecine de proximité et les machines ne doivent pas nous en empêcher.

C.E.R.F. :

Quelles sont les risques les plus importants pour les femmes qui résulte(rai)ent de la
 réduction des soins gynécologiques : quels sont les principaux soins dont les femmes
devraient bénéficier et dont elles risquent d’être privées ou de « négliger » ?

Dr Odile Buisson :

Je pense aux traitements hormonaux de la pré ménopause et de la ménopause qui nécessitent de savoir manier correctement les hormones. Le dépistage du cancer du sein risque d’être moins performant car 20% des cancers non visibles à la mammographie sont dépistés par les gynécologues. Nous avions jusqu’à présent un taux d’hystérectomie de 6% en raison d’une gynécologie de proximité, en Europe le taux d’hystérectomie est de 20 à 30%. Les anglais essayent de baisser leur taux d’hystérectomie mais ils n’y arrivent pas en raison de l’absence de gynécologie médicale. Or une hystérectomie peut entrainer des troubles sexuels secondaires en raison de la dénervation du petit bassin.


C.E.R.F. :

Existe- t-il une «liste » de ces soins basiques pour lesquelles les femmes devraient être  vigilantes et exigeantes ? (Idem pour les soins non basiques, dont vous citez plusieurs  exemples dans votre livre, avec des conséquences graves en cas de défaut de présence médicale)

Dr Odile Buisson :

Un bon équilibre hormonal, une contraception adaptée et personnalisée, un dépistage régulier des cancers gynécologiques, la prévention et le traitement des infections gynécologiques. Il faudrait aussi permettre aux mamans de se reposer suffisamment après l’accouchement, c’est l’évidence et pourtant…

C.E.R.F. :

Dans votre livre, vous montrez que pour justifier la réduction des soins médicaux et
une véritable politique de « profits » au dépens de la santé, les pouvoirs publics accusent
 les médecins et laboratoires pharmaceutiques … d’être eux-mêmes des « profiteurs ».
Vous  parlez aussi des effets de panique créés par les informations sur les pilules. Quel
conseil donneriez-vous, lorsque l’on n’est pas soi-même médecin, pour être bien
informée  et se forger une opinion, en tant que patiente ou militante, sur les meilleurs soins ou  politique de santé ?

Dr Odile Buisson :

Je ne vois pas autre chose que de prendre le temps d’une consultation spécialisée.
Vous pouvez aussi vous renseigner sur le site de l’agence du médicament et sur celui du collège national des gynécologues obstétriciens français ( cngof).


C.E.R.F. :

 A propos des jeunes, vous montrez des exemples de manque d’information sur la sexualité
 et la fécondité, et aussi, vous montrez la pression subie par des très jeunes filles
pour  avoir des relations sexuelles pour « garder » leurs petits amis. Pour des féministes,
il est navrant de voir qu’une jeune fille n’a pas appris à refuser cette forme de
chantage, à comprendre que ce n’est pas une attitude aimante, il est navrant aussi de voir
 l’influence du porno sur les jeunes garçons et filles, dont parle I. Nisand … Il y a-t-
il  un manuel d’éducation « sexuelle / amoureuse » que vous recommanderiez, ou pensez-vous qu’il reste à écrire ( à jour sur l’anatomie féminine par exemple …) ? Comment
faudrait-  il à votre avis informer les jeunes sur ces questions ?


Dr Odile Buisson :

Le professeur Nisand a créé le site « info ado » où à toute question posée par un adolescent, un psychologue ou un membre de son équipe répond immédiatement.
Les questions sont   anonymes et les jeunes gens sont certains d’avoir une réponse fiable et pertinente.Par ailleurs je crois que l’éducation sexuelle devrait davantage parler d’amour, de relation interpersonnelle et de la réalité du sexe. De la réalité du sexe et non de ses représentations pornographiques mais cela implique de dire les choses simplement et très directement soit expliquer ce qu’est une excitation sexuelle, un coït, un orgasme, expliquer les positions et les gestes de l’amour etc. Il est également nécessaire de procurer aux adolescents des planches anatomiques correctes et non les images d’Epinal des livres de SVT !

C.E.R.F. :

Avez-vous lu le livre et le site « J’ai avorté et je vais bien merci » et si oui qu’en pensez-vous ?

Dr Odile Buisson :

Je crois que l’IVG, peut être vécue très différemment d’une femme à l’autre. Mais en règle général, c’est une expérience moralement douloureuse car très culpabilisante. Même si la culpabilité peut être refoulée sur le moment.

C.E.R.F. :

Le Planning Familial refuse de parler de la grossesse par souci de ne pas blesser les femmes qui demandent un avortement, en présumant qu’elles savent ce qu’elles veulent, les opposants à l’avortement disent que des femmes sont traumatisées ensuite, et que si elles savaient  comment est le fœtus réellement, sa taille etc, elles n’avorteraient pas : est ce que à  votre avis les femmes sont assez informées aujourd’hui avant de venir demander une IVG ?

Dr Odile Buisson :

Le fait est qu’on est le pays d’Europe qui a le plus fort taux d’IVG alors que nous sommes aussi le pays dont les femmes sont le plus contraceptées. 8 femmes sur 10 ayant un risque de grossesse utilisent un moyen de contraception et malgré cela plus d’un tiers de femme aura recours à l’IVG une fois dans leur vie. Cette situation paradoxale montre bien qu’il existe un défaut d’information dans la prévention des grossesses non désirées et ceci est particulièrement marqué chez les très jeunes femmes. Mais c’est surtout l’opprobre sociale ou parentale de la sexualité des jeunes qui empêche ceux-ci de prendre une contraception. Ils ont l’impression de trahir leurs parents et ont donc des conduites à risque.


C.E.R.F. :

Sur le point particulier de l’allaitement, des médecins expliquent que la composition
du lait humain est plus adaptée que celle des laits maternisés : est-ce que vous partagez
cet avis ou pas, et si oui, cet avantage pour la santé de l’enfant risque d’être
balancé  (y compris pour les bébés) par les effets de la fatigue de la mère, ne faudrait-il pas
mieux aider les femmes voulant (et pouvant) allaiter afin qu’elles puissent se reposer par ailleurs pendant cette période ?

Dr Odile Buisson :

On sait que le lait maternel est meilleur pour l’enfant en matière de croissance et de prévention des infections. Ceci dit, ce n’est pas un drame si on préfère donner des biberons. L’important est de se sentir bien avec son enfant, de ne pas tomber de fatigue ou de ne pas lui en vouloir parce que donner le sein est ressenti comme une contrainte. La relation mère-enfant n’est pas forcément dépendante de la mise au sein et celle-ci ne doit pas devenir problématique au point de désespérer la maman.

C.E.R.F. :

Vous citez une femme qui a allaité 3 ans … : est ce qu’il existe une durée d’allaitement « idéale » (de zéro jours à X mois ..) ou est-ce que chaque cas est particulier ?

Dr Odile Buisson :

 Les pédiatres généralement recommandent au minimum 3 mois, après chacun fait ce qu’il veut en fonction de ses conditions de vie et de son enfant.


C.E.R.F. :

Sur la contraception ou les questions de ménopause, à part en consultant un ou une gynécologue, on ne voit pas comment une femme ou un couple peut s’informer sérieusement (et confidentiellement – ce qui n’est pas forcément le cas au Planning) sur les méthodes diverses, avoir les dernières informations sur les pilules, hormones et autres, la disparition de la gynécologie est donc un problème pour toutes les femmes : qu’est-ce que les pouvoirs publics répondent à ce problème, s’ils répondent quelque chose .. ?

Dr Odile Buisson :

La réponse des pouvoirs publics est de former rapidement  un grand nombre de sages-femmes à la gynécologie afin qu’elles soient les premières intervenantes dans la santé des femmes. Ne seront vus en consultation par des médecins gynécologues que les cas compliqués. Ceci dit, les cabinets de sages-femmes augmentent de 3% par an tandis que les cabinets de gynécologie diminuent de 6% par an si bien qu’à terme il s’agit davantage d’un remplacement des gynécologues par des sages-femmes. Or ce n’est pas le même métier donc pas la même compétence.

C.E.R.F. :

Avez- vous un avis sur la méthode « Billings » ?

Dr Odile Buisson :

La méthode de la glaire cervicale est pratique pour savoir quand faire un bébé mais l’inverse est particulièrement aléatoire.

C.E.R.F. :

Les féministes qui s’intéressent aux femmes prostituées, expliquent qu’en raison de la « distance » qu’elles ont avec leur propre corps, elles se soignent plus mal que les autres femmes : avez-vous connaissance de cette question ?

Dr Odile Buisson :

Je pense que c’est vrai  d’une part parce qu’elles ont un rapport particulier avec leur corps et d’autre part parce que les conditions dans lesquelles elles se prostituent sont généralement épouvantables. J’ai toujours pensé que la prostitution devait être encadrée  de respect pour le travail de ces femmes, d’hygiène et de sécurité. C’est la seule manière de supprimer le  stigmate de la « putain »  et d’aider les femmes qui se prostituent à ne pas perdre leur estime de soi. C’est la seule façon de les aider à garder la tête hors de l’eau pour changer de travail dès qu’elles sentent que c’est possible. Il n’y a aucune raison du malheur au malheur.

C.E.R.F. :

Etant donné que le problème de la réduction des coûts des soins est général, pour toute la population, est ce que les femmes ont une petite chance de faire entendre leurs revendications : est ce qu’il existe des études sur l’impact des restrictions par rapport aux économies immédiates … ?

Dr Odile Buisson :

La cour des comptes dit que la diminution du temps d’hospitalisation après l’accouchement est une source d’économie : 2,9 milliard d’euros . C’est effectivement beaucoup mais c’est fait sur le dos des femmes...Pour le reste ils doivent avoir fait leur compte aussi mais je ne dispose pas des chiffres.

C.E.R.F. :

Vous défendez la cause des sages-femmes en montrant que la durée de leurs études et
leurs responsabilités ont été augmentées, sans effet sur leur rémunération : selon vous, quel devrait être leur rôle dans un système « idéal » ?

Dr Odile Buisson :

Dans un système idéal, il devrait y avoir des passerelles universitaires entre différents corps de métier. Le cœur de métier de la sage-femme est la grossesse normale et l’accouchement normal, mais je trouverais normal qu’une sage-femme qui s’intéresse à la gynécologie médicale puisse faire le cursus complet de cette spécialité, soit 4 années supplémentaires. Il me semble que les sages-femmes devraient refuser le plafond de verre et réclamer leur dû. Du reste on ne se permettra d’agir de cette façon avec des professions masculines. C’est bien parce que la professions de sage-femme est à 97% représentée par des femmes qu’on se permet de les former moins pour les payer moins quand il s’agit de leur demander de faire de la gynécologie médicale.



mercredi 22 juin 2016

Communiqué de presse du C.E.R.F sur le rejet des propositions de loi contre l’utilisation de mères porteuses

Communiqué de presse du C.E.R.F sur le rejet des propositions de loi contre l’utilisation de mères porteuses

Deux propositions de loi « visant à lutter contre le recours à une mère porteuse » viennent d’être rejetées par l’Assemblée Nationale, mardi 21 juin.

Ce scrutin signifie en réalité une double avancée de la cause de la lutte contre la « GPA ».

Une première victoire est constituée par le fait que ces propositions de loi aient été présentées à l’Assemblée nationale pour un vote. 

Elle signifie que la protestation contre cette pratique terrible pour les enfants et les mères, ne peut plus être évacuée du débat parlementaire.

La représentation nationale va devoir désormais débattre explicitement des problèmes soulevés par ces formes de violences et d’exploitation.

Une seconde victoire réside dans le fait que le clivage gauche – droite n’a pas été le seul critère de choix des parlementaires. 

Des député-e-s de gauche, par leur abstention ou leur soutien aux propositions, ont exprimé leur désaveu de principe du « recours aux mères porteuses ».

En effet, ont voté pour : 241, dont 12 socialistes et communistes, contre 262, se sont abstenu : 29 dont 28 socialistes et communistes.

Les propositions de loi étaient bonnes dans leur orientation, mais insuffisantes dans leurs dispositions, puisqu’elles n’offraient pas aux enfants nés sous contrat de GPA, tous les droits de la personnalité qui leur reviennent.

Notre proposition permet au contraire de répondre à la fois à l’objectif de dissuader efficacement de l’utilisation de mères porteuses, et d’offrir aux enfants toute la protection que la loi française doit leur assurer, avec d’autant plus de soin que les circonstances de leur naissance sont par elles-mêmes pathogènes.

Nous espérons vivement qu’elle sera bientôt soutenue par nos parlementaires.

Etant donné le résultat du scrutin du 21 juin, et étant donné la conformité de notre proposition aux exigences de la CEDH de reconnaître aux enfants leurs droits de la personnalité, elle aurait toutes chances d’être adoptée.

Le C.E.R.F.

Cercle d'étude de réformes féministes
le.cerf@laposte.net
http://reformesfeministes.blogspot.net





mardi 26 avril 2016

Serenade Chafik : deux témoignages sur l'excision ...avant d'accuser les mères musulmanes, comprendre les rapports de domination ...



Sérénade Chafik a rédigé deux témoignages sur l'excision. Les mères sont trop souvent accusées de pratiquer l'excision sur leurs filles .. son témoignage permet de comprendre combien cette accusation peut elle aussi être injuste ...


13 h · 
J'ai eu mon premier enfant au Caire.
Je l'ai élevé seule et il me fallait travailler;
J'ai eu l'aide d'une nourrice qui venait le garder à la maison.
Elle avait 2 petites filles.
J'ai parlé avec elle des risques de l'excision et je lui ai prouvé que l'islam ne recommandait pas cette mutilation.
Elle a été convaincue
Un jour elle n'est pas venue. Ce n'était pas son habitude elle était devenue presque un membre de ma famille et des fois elle venait mêmes avec ses filles.
Le surlendemain, elle est revenue, les yeux gonflés, des cernes avaient creusé son beau visage. Son regard si vif et malicieux avait perdu son éclat.
Elle m'a expliqué qu'elle avait failli perdre sa fille ainée qui avait eu une hémorragie Elles avait excisé ses enfants.
Je me suis mise en colère, mais une colère noire;
Doucement, elle s'est approchée de moi; D'une voix triste elle m'a raconté sa vie.
Elle avait été mariée à l'âge de 16 ans. la petite paie que je lui versait ne pouvait pas suffire l'éducation de ses enfants ni les dépenses de soins nécessaires à ses parents.
Elle était seule et devait assurer seule la survie de trois générations dans sa famille. Son mari, avait disparu et avait abandonné les petites
Elle m'a dit que tous les mois elle allait à la distribution d'aides que la mosquée organisait.
Ses filles étaient à l'école gratuite qui dépendait de cette mosquée.
Quand le barbier une première fois est passé dans son immeuble, elle avait refusé de mutiler ses filles.
Une semaine plus tard, l'imam de la mosquée l'a convoquée, il lui a expliqué qu'une bonne musulmane devait être une bonne mère et que l'excision était une obligation.
Il lui a fait le chantage, elle n'allait pas recevoir les aides et ses filles ne pourraient plus suivre leur scolarité dans son école.
L'imam s'est entretenu aussi avec sa famille et ses voisines. Acculée de tout part elle a fini par céder aux pressions



13 h · 
J'avais 8 ans. L'âge d'être excisée;
Ma grand-mère maternelle en a parlé à mes tantes, elles semblaient toutes ne pas voir ma présence dans la même pièce.
Mes tantes, ma mère et ma grand-mère se sont mises d'accord que j'avais l'âge
Peut être m'ont elles vu, peut être, croyaient- elles que je ne comprenais pas de quoi elles parlaient.
Quelques mois auparavant, à l'école, ma meilleure amie, (école pourtant privée et réservée aux filles de "bonne famille" comme on dit en Egypte pour nous distinguer des fille du "peuple" ), nous avait raconté le récit de la mutilation sexuelle qu'on lui avait fait subir.
Enfants, nous l'avions écouté, effrayées, nous avions retenu notre souffle, pétrifiées, nous n'avions pas entendu la cloche sonner
Mère supérieur était alors venue nous gronder
Le récit de Rasméya, ma camarade de classe, fut à jamais gravé dans ma mémoire. Par manque de chance pour moi, quand j'écoute les personnes, je visualise les scènes, à ce souvenir effrayant mon imaginaire a ajouté des images qui ont hanté elles aussi, au côté des autres violences les nuits de l'enfant anorexique que j'étais.
J'entends encore la voix de Rasmeya, son récit me fait encore mal, Ce mal se traduit par une douleur physique.
La douleur de cette excision à laquelle j'ai échappé.
Longtemps, je me suis sentie coupable d'avoir été l'unique fille sauvée dans ma classe, dans ma famille maternelle...
Je n'ai pas été mutilée, mais les fille du pays de mon enfance continuent à l'être

Lire aussi : https://srnadechafik.wordpress.com/2016/04/09/les-droits-des-femmes-cette-revolution-necessaire-dans-les-cites/





vendredi 8 avril 2016

GPA et SAP

Un débat animé sur la GPA

Anne-Yvonne le Dain s'oppose à la GPA,
elle a en face d'elle une avocate qui sur son site, défend le SAP ...


Débat GPA : Anne-Yvonne Le Dain, Brigitte Bogucki, Caroline Roux et Alexandre Urwicz (01/04/16, LCI)Le vendredi 1er avril 2016 à 9h15, Valérie Expert organise un débat sur LCI sur la légalisation de la GPA avec comme invités Anne-Yvonne Le Dain (députée PS), Brigitte Bogucki (avocate), Caroline Roux (Alliance Vita) et Alexandre Urwicz (président association homoparentale).